• logo L'En-Droit de Laval

  • L'EN-DROIT DE LAVAL

Notre histoire
 

En 1988, il se formait à Laval un centre d’aide aux personnes ayant des antécédents psychiatrique qui s’incorpora, en 1989, sous le nom de Schizographe. C’était surtout un groupe d’entraide, mais il se greffa bientôt un service de défense des droits. Une personne s’en occupait, mais les psychiatres faisaient souvent des plaintes contre cette personne qui était mal soutenue par le Schizographe. En 1990, le gouvernement décida que les services de défense des droits ne pouvaient coexister dans un même organisme offrant d’autres services à cause d’un possible conflit d’intérêt. Dans cette foulée, l’Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec était fondée en même temps que des groupes de défense des droits dans chaque région du Québec dont Laval. Le Schizographe abandonna son volet de groupe d’entraide au profit d’une nouvelle entité, le Cafgraf et fut rebaptisté L’En-Droit de Laval avec le mandatqui devint le groupe de défense des droits.

Une première coordinatrice fut engagée en plus d’une conseillère en défense des droits et d’une secrétaire. Cela ressemblait plus à un bureau d’avocats qu’à un groupe de défense des droits. Les portes étaient sous clef la journée longue et les usagers ne pouvaient accéder au local que sur rendez-vous. L’organisme rayonnait peu au dehors et les demandes d’aide n’étaient pas nombreuses. Le 31 décembre 1994, le Schizographe, nom beaucoup trop psychiatrique, fut rebaptisé En-droit de Laval et les lettres patentes mettaient clairement la défense des droits au centre de la mission de l’organisme. En 1995, les membres en assemblée générale, insatisfaits de cette politique élitiste, congédiaient la coordinatrice. Un coordonnateur intérimaire à temps partiel fut choisi jusqu’à l’engagement d’une nouvelle coordinatrice. Cette dernière, plus compétente juridiquement, continua la tradition de bureau d’avocat qui isolait L’En-droit de ses membres. De plus, elle était impatiente avec les membres, ce qui cadrait mal avec la politique d’empowerment de ses membres. Elle oeuvra de mars 1996 à mai 1997, moment où elle fut congédiée. Elle fut remplacée par Claude Gingras. 

C’est à ce moment que L’En-droit prit son envol. Les demandes d’aide doublèrent dès la première année, en 2005, elles étaient multipliées par 9. L’En-droit a ouvert ses portes aux personnes vivant ou ayant vécu un problème de santé mentale. Cela élargissait leurs possibilités de s’impliquer, créait une communauté solidaire  qui pouvait échanger sur les droits et se mobiliser sur les droits collectifs, donc de plus grandes possibilités d’empowerment, de prise de conscience de leur potentiel, d’accepter les limites des autres. Comme il est dit dans la politique d’accueil : « L’En-droit ne s’arrête pas (voire même les oublie) aux défauts, aux diagnostics, aux problèmes émotionnels ou autres que les personnes vivent. Il est là pour accueillir et non discriminer. Il est là pour défendre et non pas pour accuser ou diagnostiquer. » Cela permettait de rentrer en contact avec des itinérantEs. D’ailleurs, contrairement aux anciennes équipes, il se fit des diffusions de dépliants dans le métro, les CLSC, l’hôpital et partout où l’on pouvait atteindre notre clientèle. 

En plus du comité d’action politique, il s’organisa deux périples en autobus axés sur l’histoire de la psychiatrie et des psychiatrisés avec l’organisme l’Autre Montréal et deux fêtes-conférences dès 1998, deux autres conférences publiques en 1999 sur comment renforcer le pouvoir des usagers ou sur l’isolement et la contention. En 2000, il y eut la rencontre sur la pauvreté organisée avec d’autres organismes. En 2001, on fit une journée sur Émile Nelligan. En 2003, on participa à une étude sur les attentes des usagers. En 2004, il y eut des cours sur l’autre côté de la pilule et le soutien conseil entre pairEs. Durant ces années, il se donna à plusieurs reprises des cours sur les droits en santé mentale précédés d’autres cours sur la vision alternative en santé mentale. Au cours de toutes ces années, l’En-droit s’impliqua dans plusieurs luttes sur l’aide sociale, les logements sociaux et contre les coupures des services sociaux. Il préconisait une attitude combative dans les luttes et critiqua les stratégies trop conciliantes des groupes communautaires et des syndicats. Il s’impliqua contre le congédiement de Jean-Guy Dupéré de l’Urgence sociale et contre la fermeture d’une ressource de thérapie alternative en santé mentale à Laval, Le Sablier, qui dut malheureusement fermer faute de financement et à cause du sabotage des psychiatres qui voyaient d’un mauvais œil cette ressource. On appuya une autre ressource, le 381 à Québec, qui réussit à résister aux psychiatres. La collaboration des hôpitaux était presque nulle et on sentait l’hostilité du personnel lorsqu’on se rendait à l’hôpital. On nous reprochait de faire sortir les psychiatriséEs de l’hôpital! Par contre, la collaboration s’établit peu à peu. 

Lorsque Claude Gingras dut abandonner la coordination en décembre 2005, Jacques Saintonge le remplace jusqu’en 2010. Il continua la même politique de tolérance et d’accueil des personnes psychiatrisées. Cette tolérance déplut au Relais communautaire qui nous expulsa de ses locaux en 2008. En catastrophe, nous dûmes déménager relativement loin de notre clientèle dans le secteur industriel sur Francis-Hughes. Il existait toujours un comité d’action politique, des visionnements de films éduquant sur les valeurs alternatives en santé mentale, des rencontres sur la toxicomanie, des cours sur les droits en santé mentale. Il y eut mobilisation massive sur le colloque sur la médication autonome. On organisa une sortie de théâtre pour la pièce de Claude Gauvreau « la charge de l’orignal épormyable », une féroce critique de la psychiatrie. On appuya plusieurs luttes dans la même tradition combative: pour l’abolition des électrochocs, participation à un commando bouffe pour dénoncer l’hypocrisie des guignolées de décembre, une campagne contre la contre la contention, l’isolement et les substances chimiques, pour une politique sur l’itinérance, contre les coupures à l’aide sociale, manifestation contre la tarification et la privatisation des services sociaux, etc. Cependant l’éloignement nous fit perdre des membres, les demandes d’aide diminuèrent et nous avons déménagé à nos locaux actuels en 2010. Jacques Saintonge pris alors une semi-retraite et laissai la coordination à Richard Miron. 

Celui-ci continua dans la même tradition combative. Nous avons organisé en 2010 un colloque sur la réappropriation du pouvoir attirant 69 personnes. Nous avons démarré avec d’autres groupes une OSBL d’habitation « la Maison du peuple ». Nous avons fait un barbecue populaire sur le logement social regroupant 80 personnes et participé à une manifestation sur le même sujet. Devant l’insuffisance de nos subventions, on a fait un piquetage regroupant 30 personnes devant les locaux de l’Agence de santé et des services sociaux de Laval. Nous avons été aux manifestations de la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics. Les demandes d’aide augmentèrent à nouveau suite au déménagement. Malgré certaines divergences avec la Cité de la Santé, notamment sa persistance à administrer des électrochocs, les relations avec l’hôpital se sont améliorées, car il admet maintenant le droit des personnes psychiatrisées à être défendues. 

L’En-droit continuera toujours à accueillir et défendre les personnes les plus démunies de la société qui subissent des traitements barbares comme les électrochocs, qui se font expulser de leur logement ou se font couper l’électricité en plein hiver, se font couper l’aide sociale avant d’avoir pu se défendre, etc. 



 Espace réservé aux indications sur les droits d'auteur ou de propriété.
Pour toute question ou problème concernant ce site Web, envoyez un courrier électronique à [EmailProjet].
Dernière mise à jour le : 14 juin 2017.